Je ne sais pas s’il existe une tradition française du cirque, mais les grands noms des clowns ou des cirques français ont des origines multiples et sont originaires des pays les plus divers.
Si Gomina représente une tradition, celle-ci est unique et bien Française, de plus bien Poitevine.
En France, les spectacles ont été largement dominés par les clowns, ces amuseurs de piste avaient pour noms : Chocolat, Béby, Pipo, Rhum, Alex, Maïss, les Fratellini, les Cairoli, Achille Zavatta, les Bario,
Nos clowns poitevins s’appellent Pastelli et Gomina, Babio et Fredo, Frisco.
Il faut donner un coté italien ou espagnol à un nom de clown.
Les clowns semblent venir d’une autre race, ils ont la face hilare et leur gros nez rouge le tout rehaussé d’une tignasse rousse ou provocante.
Le clown existe probablement depuis la nuit des temps, il y a toujours eu des amuseurs dans nos livres d’histoire, Molière n’a-il pas été un clown malgré lui ?
Toutefois la période du cirque moderne a probablement amené l’acrobatie par ces fameuses entrées clownesques.
Les clowns aussi intervenaient à chaque intermède pour présenter le prochain numéro ou faire attendre le public quand il y a installation de matériel.
Ces entrées comiques ont changé et évolué avec les générations.
Les mœurs et les goûts du public changent et la tarte à la crème balancée en pleine figure n’a plus la nostalgie ou l’attente d’autrefois.
Aujourd’hui, le métier de clown a tout à fait une autre approche digne d’un artiste de théâtre ou d’un chanteur d’opéra.
L’artiste clown est constamment à la recherche d’une idée nouvelle, il invente et créer toujours un nouveau sketch, un nouvel instrument, des auteurs quelques fois se joignent à eux pour leur proposer des textes comiques.
Le clown pour bien travailler doit avoir le retour de son public, quand son numéro ne répond plus comme avant, il est le premier à le sentir et son génie sera de ressentir une nouvelle forme d’humour.
C’est ainsi qu’un clown est toujours en permanente mutation.
Le cirque Médrano avait la particularité de présenter à chaque fois deux équipes de clowns offrant ainsi une véritable émulation aux artistes entre eux.
Attention, il ne suffit pas de s’affubler d’une perruque et d’un faux nez pour réussir à faire rire.
Le comique demande beaucoup de subtilités surtout pour un clown, une grossièreté racontée par un diseur ou un chansonnier ne passera pas forcément venant de la bouche d’un clown.
Achille Zavatta, le plus célèbre des clowns français était un clown très complet : mime, musicien, acrobate, écuyer, dompteur et clown, il sait tout faire.
De son coté Gomina a toutes ces approches à l’exception de celle de dompteur, c’est aussi un clown très complet, ses succès durant plus de soixante ans en sont la preuve.
Ce métier demande beaucoup de rigueur et de préparations, il faut savoir tout faire mais le faire bien.
Le clown marque le temps, il y a des silences qui en disent long mais qui ne sont jamais bien long et qui sont surtout bien dosés, une réplique à temps et les rires fusent, l’effet comique est seul connu du clown.
Il observe profondément ses semblables, c’est lui qui connaît le mieux l’homme de la rue, ses effets sont dosés, c’est cela son talent.
Le vrai clown est bien celui qui aime son prochain, qui aime son public et qui nous aime, sans cela il ne serait pas nous faire rire et nous renvoyer la réplique comme il faut et quand il le faut.
Pour Gomina qui a su tenir son succès pendant plus de 60 ans de carrière et qui même vieillard continue de façon plus discrète à aller auprès de groupes limités à la rencontre des autres pour jouer un peu de musique ou raconter de bonnes blagues, il y a bien là une volonté perpétuelle d’aimer la vie, d’aimer sa famille et d’aimer son prochain.